Le Bourgeois gentilhomme et la Satire de la « jeunesse dorée »

Molière ne s’attarde pas seulement à décrire sa vision de la bourgeoisie. C’est avec le personnage de Dorante, qui apparaît dans le 3ème acte, que l’on remarque une belle satire bien juteuse de la « Jeunesse dorée ».

Le bourgeois croît cet aristocrate au langage fleuri ! Mais prend-garde à ton argent, Bourgeois, car oublieux des vertus d’honnêteté, il est sans le moindre scrupules. Et apparemment, il n’est pas le seul. Dès la seconde moitié du 17ème siècle, les nobles, qui sont réduits à l’inactivité par leurs statuts de courtisans, doivent suivre le train de vie luxueux de la cour. Ils s’appauvrissent et ont recours aux pires manigances pour survivre.

Le bourgeois gentilhomme, Dorante - Compagnie Michel B

Et nous avons de réels témoins !
Napolitain Primi Visconti nous le confirme : « Il y a à Paris plus de vingt mille gentilshommes qui n’ont pas un sou et qui subsistent pourtant par le jeu et par les femmes et qui vivent d’industrie (opportunisme). Aujourd’hui, ils vont à pied et le lendemain en carrosse. »

Dans la pièce, Dorante s’est fait pour « ami », monsieur Jourdain ou l’incroyable vache à lait !
Il lui promet des connections dans le grand monde, l’amour même, avec une marquise … Mais ce ne sont rien de plus que des appâts pour soutirer de l’argent à chaque occasion.

Le bourgeois gentilhomme, Dorimène - Compagnie Michel B

« MONSIEUR JOURDAIN : Voilà deux cents louis bien comptés.
DORANTE : Je vous assure, monsieur Jourdain, que je suis tout à vous, et que je brûle de vous rendre service à la cour. »

Elle est belle la noblesse !