Les Maîtres dans le Bourgeois Gentilhomme

« AH ! LA BELLE CHOSE QUE DE SAVOIR DES BELLES CHOSES“ 

 

Monsieur Jourdain n’a qu’une obsession, être une “ personne de qualité ”.  Pour atteindre ses rêves de cour, il veut tout savoir et il sait s’entourer…

 

   

Le maître de musique

  Oubliez l’art pour l’art, ce maitre le pratique seulement pour gagner de l’argent. Monsieur Jourdain,    c’est la mine d’or à portée de main. Pas très doué, très maniéré, ce maître chanteur ne rate jamais
    une occasion de flatter. Contre monnaies. Cela va de soi !

Nous avons trouvé ici un homme comme il nous le faut à tous deux : ce nous est une douce rente que ce Mr   Jourdain”.  S’adressant au maître à danser.

Celui-ci est un poil plus vertueux. Il voudrait que son élève soit capable d’apprécier la danse à sa juste valeur. Ses bonnes intentions ne l’empêchent pas de profiter des largesses du sieur Jourdain.

 

“Je voudrais qu’avec son bien il eût encore quelques bons goûts des choses”

 

 

 

 

 

 


Le maître d’armes

A sa façon de Rrrrrouler les Rrrrrrr, cette “fine” lame met le fleurRrrrrret au-dessus de tous les autres arts. Une sorte de Dali un peu rustique qui, emporté par son tempérament frondeur, provoque une dispute entre les maitres.

“La science des armes l’emporte hautement sur toutes les autres sciences inutiles comme la danse, la musique, la…”

Plus rhéteur que véritable philosophe, il décrète la suprématie de la philosophie. Quand on voit qu’il ne fait qu’apprendre à monsieur Jourdain les mouvements des lèvres intervenant dans la prononciation des voyelles et de quelques-unes des consonnes…

« Non, Monsieur : tout ce qui n’est point prose est vers ; et tout ce qui n’est pas vers est prose. »     

 

Le maître tailleur

Tailleur aux créations plus qu’incertaines, ce maître profite de la naïveté de Monsieur Jourdain en affirmant que ses vêtements sont portés par des gens “de qualité”. En matière de goûts et de couleurs, le maitre tailleur ne donne pas vraiment dans la sobriété. Plumes vertes, rouges, jaunes et pantalons à fleurs, Monsieur Jourdain est rhabillé pour l’hiver de la tête aux pieds !

Monsieur Jourdain : “La perruque et les plumes sont-elles comme il faut ?”

Maître tailleur : “Tout est bien”

 

 

 

 

 

 

 

Une personne de qualité, vraiment ?


Costume bariolé, aussi maladroit dans le fleuret que “gracieux” dans le pas de danse, chantant d’une voix haut perché, en prononçant les voyelles distinctement, évidemment,

Monsieur Jourdain est prêt à conquérir le Grand monde !


Grâce aux précieux conseils de ses maîtres…

Artistiquement,

J.P.

 

 

Le Bourgeois Gentilhomme le personnage de Dorante

DORANTE, A LUI LA RENTE !

J’appartiens à la noblesse, j’aime le faste, le luxe, la fête, les femmes.

Seulement je n’ai pas un sou… Heureusement, je suis tombé sur Monsieur Jourdain.

Ce monsieur Jourdain, quelle trouvaille ! Quelle mine d’or !

       

 

 

 

 

 

«Vous êtes l’homme du monde que j’estime le plus, et je parlais de vous encore ce matin dans la chambre du Roi»

                           (Acte 3, scène 4)

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« Les Turqueries » chez Molière dans « Le Bourgeois Gentilhomme ».

                                                  Hu la ba…

ba la chou…

                                                    ba la ba…

ba la da.

 

Le Bourgeois Gentilhomme. Cie Michel B au Théâtre Espace Marais : « le ballet des Turqueries ».
 
« Voler far un Paladina
De Giourdina, de Giourdina. »
 

Un peu d’histoire…

 
L’Empire Ottoman fascine l’Europe au XVII et début du XVIIIè siècles.
L’exotisme fait rêver…
C’est l’époque des Turqueries.

Tout y est sujet d’admiration…

La Turquie, c’est… le raffinement du Grand Turc, le faste des costumes, le  mystère du harem ou  l’opulence des produits  avec le commerce et les échanges. 
.
Mais « Le Turc » dans l’imaginaire européen évoque  à la fois le charme oriental, et aussi la cruauté barbare.

« Ah le pendard de Turc », « Traitre de Turc », peste Géronte dans les « Fourberies de Scapin. »

Louis XIV demande donc à Molière d’écrire une comédie pour les fêtes organisées à Chambord à l’occasion des chasses d’automne et il précise qu’il souhaite que les Turcs apparaissent dans la pièce.

 
Certains disent que Louis XIV avait été vexé du manque d’admiration, voire du dédain qu’avait témoignés l’ambassadeur du Sultan Mahomet IV, lorsque le roi était apparu à sa rencontre, sur un trône d’argent, couvert de diamants. 
Ressenti donc comme une humiliation, Louis XIV, n’apprécia guère ce dédain, et, il lui pris l’envie de rire aux dépens du faste de l’empire Ottoman et… il commanda à Molière: « un ballet turc ridicule ».
… et la comédie ballet devient: 
 
« Le Bourgeois Gentilhomme »

Le Bourgeois Gentilhomme. Cie Michel B au Théâtre Espace Marais : « le ballet des Turqueries ».

 

L’écriture de la Cérémonie Turque de Molière est extrêmement bien ordonnée.
On assiste à l’enchainement de : 
la Marche pour la cérémonie…
les récits du moufti…
les invocations…
le turban…
et pour finir
la bastonnade.
Mais ce ballet laisse place aussi, à une fantaisie unique et extraordinaire…
 
Je ne vous cache pas que dans la mise en scène de Michel Bouttier, nous les acteurs, nous sommes engagés dans cette brèche, avec une grande… une très grande délectation!.
A vous, Mamamouchis, Mouftis, Princesses arabes…
et à vous aussi petites souris blogueuses arabisantes…
je vous salue ….

  

A bientôt.
Artistiquement.
Marie Burvingt.

 

Ps: Si vous voulez connaître « notre Salut Oriental » éxécuté par Cléonte Turc dans la mise en scène de Michel Bouttiervenez le découvrir… 
Il paraît que dans certaines cours de récréation, des enfants qui ont vu le spectacle au Théâtre Espace Marais, s’amusent à le reprendre!