Carte d’identité d’un mythe Qui es-tu Dom Juan ?

S’attaquer à Dom Juan, c’est s’attaquer à un mythe.

Dans l’esprit collectif, on lui colle l’image d’un séducteur (qu’il est) mais on a à faire à un personnage bien plus complexe et bien plus sombre. Fiche d’identité.

 

Dom Juan - Compagnie Michel B - Théâtre Espace Marais

Dom Juan au Théâtre Espace Marais – Compagnie Michel B

 

 

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Cyrano de Bergerac, Roxane « la précieuse »

Roxane, la chère cousine de Cyrano, est la grande dame de la pièce. On l’appelle même « la précieuse ». Qu’est-ce qu’une précieuse ?
Certes Roxane est belle, même il n’est pas ici question de la comparer à un rubis, une émeraude ou une opale.

Au XVIIème siècle la préciosité est un courant littéraire. Les salons privés de la capitale deviennent soudain le lieu de rendez-vous habituel de la grande noblesse féminine. Lire le reste de cet article »

Le Bourgeois gentilhomme et la Satire de la « jeunesse dorée »

Molière ne s’attarde pas seulement à décrire sa vision de la bourgeoisie. C’est avec le personnage de Dorante, qui apparaît dans le 3ème acte, que l’on remarque une belle satire bien juteuse de la « Jeunesse dorée ».

Le bourgeois croît cet aristocrate au langage fleuri ! Mais prend-garde à ton argent, Bourgeois, car oublieux des vertus d’honnêteté, il est sans le moindre scrupules. Et apparemment, il n’est pas le seul. Dès la seconde moitié du 17ème siècle, les nobles, qui sont réduits à l’inactivité par leurs statuts de courtisans, doivent suivre le train de vie luxueux de la cour. Ils s’appauvrissent et ont recours aux pires manigances pour survivre.

Le bourgeois gentilhomme, Dorante - Compagnie Michel B

Et nous avons de réels témoins !
Napolitain Primi Visconti nous le confirme : « Il y a à Paris plus de vingt mille gentilshommes qui n’ont pas un sou et qui subsistent pourtant par le jeu et par les femmes et qui vivent d’industrie (opportunisme). Aujourd’hui, ils vont à pied et le lendemain en carrosse. »

Dans la pièce, Dorante s’est fait pour « ami », monsieur Jourdain ou l’incroyable vache à lait !
Il lui promet des connections dans le grand monde, l’amour même, avec une marquise … Mais ce ne sont rien de plus que des appâts pour soutirer de l’argent à chaque occasion.

Le bourgeois gentilhomme, Dorimène - Compagnie Michel B

« MONSIEUR JOURDAIN : Voilà deux cents louis bien comptés.
DORANTE : Je vous assure, monsieur Jourdain, que je suis tout à vous, et que je brûle de vous rendre service à la cour. »

Elle est belle la noblesse !

Le mariage de Figaro, « God-Dam »

Le mariage de Figaro, God-Dam - Compagnie Michel BFigaro sait l’Anglais !

Nous qui ne sommes pas des bilingues, analysons sa leçon…

Selon ses dires : « God-Dam » est l’unique expression à connaître dans cette langue, pour obtenir tous ses désirs. Il déclare même : « Il en faut peu pour aller loin ». Sérieusement, qui n’a jamais rêvé de pouvoir parler cette langue universelle en un claquement de doigts ?

Son argumentation nous donne envie de le croire (pied de boeuf salé sans pain…). Mais la teneur de son discours n’est pas le réel message. Dans le contexte : Il clame à monsieur Almaviva qu’il saurait se débrouiller pour tout s’il doit se rendre en Angleterre. Il essaie de le convaincre qu’il a envie d’y aller pour les affaires de son maître. De son côté le comte fait semblant de ne pas vouloir l’emmener.

Le mariage de Figaro, God-Dam - Compagnie Michel BObjectif :

Sournoisement, se mettre au courant des informations que l’autre détient. En effet, si l’un n’a pas le moins du monde envie de partir à Londres, l’autre choisit ce moment précis pour parler de l’éventualité d’y aller. C’est-à-dire, le moment où il se marie.

Ce jeu grotesque exprime une forte rivalité entre les deux hommes. Suzanne, sera le prix de l’heureux gagnant !

Mais bien sûr Figaro sait par Suzanne que le Comte la veut en secret. Alors si Figaro répond qu’il n’est pas embêté à l’idée d’être loin de sa femme, c’est que forcément il n’est pas au courant des manigances du comte…. Forcément !

Le mariage de Figaro, God-Dam - Compagnie michel BCe que l’on aime :

Le public s’identifie à Figaro dans cette situation. C’est un plaisir ultra-jouissif de voir qu’il a une longueur d’avance sur Almaviva. Figaro dit Non. Stop à l’abus de pouvoir ! Qui plus est, c’est une revendication traitée de manière comique, avec de nombreuses tirades espiègles et des apartés. C’est que’le petiot est un renard rusé ; pas franchement, perturbé par la possibilité de perdre sa femme, il s’amuse à déjouer les plans de son égoïste de maître…

Citation :

FIGARO : Avec God-dam, en Angleterre, on ne manque de rien nulle part. Voulez-vous tâter d’un bon poulet gras ? Entrez dans une taverne, et faites seulement ce geste au garçon (il tourne la broche.) God-dam ! On vous apporte un pied de boeuf salé, sans pain. C’est admirable ! Aimez-vous à boire un coup d’excellent bourgogne ou de clairet ? Rien que celui-ci (il débouche une bouteille.) God-dam ! On vous sert un pot de bière, en bel étain, la mousse aux bords. Quelle satisfaction ! Rencontrez-vous une de ces jolies personnes qui vont trottant menu, les yeux baissés, coudes en arrière, et tortillant un peu des hanches ? Mettez mignardement tous les doigts unis sur la bouche. Ah ! God-dam ! Elle vous sangle un soufflet de crocheteur : preuve qu’elle entend. Les Anglais, à la vérité, ajoutent par-ci, par-là, quelques autres mots en conversant ; mais il est bien aisé de voir que God-dam est le fond de la langue ; et si Monseigneur n’a pas d’autre motif de me laisser en Espagne … 

Les Maîtres dans le Bourgeois Gentilhomme

« AH ! LA BELLE CHOSE QUE DE SAVOIR DES BELLES CHOSES“ 

 

Monsieur Jourdain n’a qu’une obsession, être une “ personne de qualité ”.  Pour atteindre ses rêves de cour, il veut tout savoir et il sait s’entourer…

 

   

Le maître de musique

  Oubliez l’art pour l’art, ce maitre le pratique seulement pour gagner de l’argent. Monsieur Jourdain,    c’est la mine d’or à portée de main. Pas très doué, très maniéré, ce maître chanteur ne rate jamais
    une occasion de flatter. Contre monnaies. Cela va de soi !

Nous avons trouvé ici un homme comme il nous le faut à tous deux : ce nous est une douce rente que ce Mr   Jourdain”.  S’adressant au maître à danser.

Celui-ci est un poil plus vertueux. Il voudrait que son élève soit capable d’apprécier la danse à sa juste valeur. Ses bonnes intentions ne l’empêchent pas de profiter des largesses du sieur Jourdain.

 

“Je voudrais qu’avec son bien il eût encore quelques bons goûts des choses”

 

 

 

 

 

 


Le maître d’armes

A sa façon de Rrrrrouler les Rrrrrrr, cette “fine” lame met le fleurRrrrrret au-dessus de tous les autres arts. Une sorte de Dali un peu rustique qui, emporté par son tempérament frondeur, provoque une dispute entre les maitres.

“La science des armes l’emporte hautement sur toutes les autres sciences inutiles comme la danse, la musique, la…”

Plus rhéteur que véritable philosophe, il décrète la suprématie de la philosophie. Quand on voit qu’il ne fait qu’apprendre à monsieur Jourdain les mouvements des lèvres intervenant dans la prononciation des voyelles et de quelques-unes des consonnes…

« Non, Monsieur : tout ce qui n’est point prose est vers ; et tout ce qui n’est pas vers est prose. »     

 

Le maître tailleur

Tailleur aux créations plus qu’incertaines, ce maître profite de la naïveté de Monsieur Jourdain en affirmant que ses vêtements sont portés par des gens “de qualité”. En matière de goûts et de couleurs, le maitre tailleur ne donne pas vraiment dans la sobriété. Plumes vertes, rouges, jaunes et pantalons à fleurs, Monsieur Jourdain est rhabillé pour l’hiver de la tête aux pieds !

Monsieur Jourdain : “La perruque et les plumes sont-elles comme il faut ?”

Maître tailleur : “Tout est bien”

 

 

 

 

 

 

 

Une personne de qualité, vraiment ?


Costume bariolé, aussi maladroit dans le fleuret que “gracieux” dans le pas de danse, chantant d’une voix haut perché, en prononçant les voyelles distinctement, évidemment,

Monsieur Jourdain est prêt à conquérir le Grand monde !


Grâce aux précieux conseils de ses maîtres…

Artistiquement,

J.P.

 

 

Le sermon de Sganarelle, Dom Juan : Acte 5 Sc2

La statue du commandeur a parlé, elle invite Dom Juan  au festin de pierre … c’est-à-dire à son ultime repas !
Dom Juan ébranlé par cette vision, pleure face à son père et se repend ?

Le sermon de Sganarelle

Cie Michel B « Dom Juan » de Molière Théâtre Espace Marais Cie Michel B Mise en Scène Michel Bouttier

C’est ce que croit Sganarelle qui est fou de bonheur de voir enfin son maître converti!

 

Mais, ce n’est pas une statue parlante qui va convaincre Dom Juan de corriger sa conduite ! L’hypocrisie devient pour lui, son arme favorite.

Sganarelle s’emporte vers une dernière argumentation quelque peu chaotique mais extrêmement bien fondée pour tenter de mettre en garde Dom Juan contre la damnation.